Nourrir la nostalgie


Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal, Canada

19.07.2025 - 23.08.2025



Artistes | artists | artistas :  Madison Strizic, Isabela Markus Nafarrate, Sacha Pérez del Solar, Miao, Sam Lee, Snack Witch Joni Cheung & Armando Cuspinera.
Commissaire | curator | curadora: María Andreína Escalona De Abreu

Merci à Pierre-François Ouelette pour l’opportunité de donner une plateforme aux artistes que j’admire autant en plus de l’expérience patiente et enrichissante pour nous toustes. Merci à Sophie Malette pour la coordination et le soutien.

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Vues de l’exposition | exhibition views | vistas de la exposición



Photos | fotos: Mike Patten

Événements | events | eventos


Catering par | by Madison Strizic. Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Catering par | by Madison Strizic. Vernissage | 19.07.2025
Vernissage | 19.07.2025
Table ronde | roundtable - 09.08.2025
Finissage - 23.08.2025
Finissage - 23.08.2025
Finissage - 23.08.2025
Finissage - 23.08.2025

Fotos | photos: María Andreína Escalona De Abreu

Artistes | artistes | artistas


Madison Strizic


Photos | fotos: Mike Patten
Dans ses installations textiles éphémères et participatives, Madison Strizic explore l’art de la cuisine, du tressage de pain, de la vannerie et la joie du partage. L’hospitalité et les offrandes sont clés dans ses œuvres, de même que dans les matériaux qu’iel utilise, pour transmettre des idées d’abondance, de communauté et d’engagement dans l’art et la vie quotidienne. 

Les œuvres sur papier et textiles sont réalisées à partir de pains tressés qu’iel a confectionnés ces dernières années pour les partager avec ses proches. Les pains ont laissé des traces pendant la cuisson sur du tissu et des feuilles de parchemin—une technique imprévisible qui cherche à capturer l'éphémérité et la beauté d’un repas avant un moment de partage. 

Untitled [Table] se compose de quatre morceaux de table tissés qui, lorsqu'ils sont activés par quatre participant·e·s différent·e·s, deviennent une surface unique et autoportante. La nature de la table exige que les participant·e·s négocient et s'écoutent les un·e·s les autres afin d'équilibrer la surface entre elleux. Exercice d'unité et métaphore de la communauté, cette œuvre offre aux participant.e.s des moyens ludiques et expérimentaux de partager l'espace et de se rassembler.



Madison Strizic (iel/elle) est artiste, facilitateur·trice et boulanger·ère. Basé·e à Tiohtiá:ke [Montréal], iel est titulaire d'un baccalauréat en beaux-arts de l'Université Concordia en fibres et pratiques matérielles (2024). Son travail propose des méthodes participatives et expérimentales de rassemblement et de mise en commun par le biais de la narration, de la cuisine et du jeu.

Récemment, iel a participé à un certain nombre d’expositions collectives et d’événements de performance, notamment à la Galerie FOFA (2025), à la Rencontre Interuniversitaire de Performance Actuelle (2024) et au Centre Arprim (2024). Iel fait actuellement partie de la cohorte 2025 d'artch et présentera de nouvelles œuvres dans le cadre du festival en octobre.
In their ephemeral, participatory textile installations, Madison Strizic explores the art of cooking, bread braiding, basketery, and the joy of sharing. Hospitality and offerings are key in their work and even materials they use to convey ideas of abundance, community and engagement in the arts and everyday life.

The paper and textile works are made from the breads they have baked in recent years to share with loved ones. The loaves have left traces during the baking process on fabric and parchment sheets-an unpredictable technique that attempts to capture the ephemerality and beauty of a meal before a moment of sharing.

Untitled [Table] consists of four separately woven pieces of a tabletop that, when activated by four different participants, become a singular, self-supporting surface. The nature of the table requires participants to negotiate with and listen to each other in order to balance the surface between them. An exercise in unity, and a metaphor for community, this work provides participants with playful and experimental ways of sharing space and coming together.



Madison Strizic (they/she) is an artist, facilitator, and baker. Based in Tiohtiá:ke [Montréal], they hold a BFA from Concordia University in Fibre and Material Practices (2024). Their work offers participatory and experimental methods of coming together and coming a/part (of) through storytelling, cooking, and play. 

Recently, they have presented in a number of group exhibitions and performance events including FOFA Gallery (2025); Rencontre Interuniversitaire de Performance Actuelle (2024); and Centre Arprim (2024). They are currently part of the 2025 artch cohort and will exhibit new work with the festival in October.  



Isabela Markus Nafarrate

Photos | fotos: Mike Patten
Les peintures Cihuateotl et Maize Goddess explorent des symboles et des 
expériences fractionnées du nationalisme et de l'altérité, en tant que Mexicaine au Canada. Des annotations à la main sont juxtaposées à des déités olmèques et des fruits trop chers qui,  ayant voyagé de loin pour se trouver ici dans nos assiettes, ne mûrissent pas correctement.

L'œuvre textile cochinilla/aguacate est réalisée selon des méthodes traditionnelles de teinture naturelle. En utilisant et illustrant ces processus, avec de l’avocat et des cochenilles (un insecte qui produit une teinte unique rouge vive), l’oeuvre fait un parallèle avec différents moments dans l’histoire (et le présent) où la production et la demande de ces produits a captivé l’Occident et ainsi perpétué l'extractivisme colonial qui cause des catastrophes climatiques, sociales et politiques dans l’Amérique centrale. L’artiste explique: « La mondialisation a permis aux gens d'émigrer loin de leur pays d'origine tout en leur permettant également de conserver le même régime alimentaire. Mais quelles sont les conséquences liées à l'accès de ces produits cultivés à des milliers de kilomètres ? Quels facteurs rendent possible la dégustation d'un repas mexicain authentique et délicieux au Canada ? »



Isabela Markus Nafarrate est une artiste mexicaine établie à Montréal dont le travail navigue entre les tensions de l'organique et de l'artificiel, du permanent et de l'éphémère, de l'intime et de l'étranger. Son travail est teinté par le déplacement, la surcharge d'information et la sentimentalité, créant un espace où les sculptures précolombiennes se mêlent aux photos familiales, où les paillettes entrent en collision avec les clous rouillés et où les fleurs fusionnent avec les étiquettes de prix.

The paintings Cihuateotl and Maize Goddess explore symbols and split experiences of nationalism and foreignness as a Mexican in Canada. Handwritten annotations are juxtaposed with Olmec deities and overpriced fruit that doesn't ripen properly, having traveled far to be here on our plates.

The textile work cochinilla/aguacate is made using traditional natural dyeing methods. Utilizing and illustrating these processes, avocado and cochineal (an insect that produces a unique bright red hue), the work parallels the different moments in history (and the present) when the production and demand for these products has captivated the West and thus perpetuated the colonial extractivism that is causing climatic, social and political disasters in Central America. The artist explains: “Globalization has allowed people to emigrate far from their country of origin. It now also allows them to keep the same diet they had back home. But what are the implications of having access to produce grown thousands of kilometres away? What has to happen so it is possible to sit and enjoy a delicious and authentic Mexican meal in Canada?”



Isabela Markus Nafarrate is a Mexican artist based in Montreal whose work navigates the tensions between the organic and the artificial, the permanent and the ephemeral, the intimate and the foreign. Her work is coloured by displacement, information overload, and sentimentality, creating a space where pre-Columbian sculptures mingle in family photos, glitter collides with rusted nails, and flowers fuse with price tags. 



Sacha Pérez del Solar

Photos | fotos: Mike Patten
Avec cette série de peintures, de dessins et d’interventions sur des objets trouvés, Sacha Pérez del Solar crée des récits visuels fantastiques et oniriques qui jouent avec les notions d’identité, de consommation et de marchandisation. Rappelant le type d'accrochage que l'on pourrait retrouver dans une maison, cette constellation de personnages – prêts à manger, affamés, en détresse ou en extase – invite à une réflexion sur la condition humaine et l’un des droits humains fondamentaux: se nourrir.  

En utilisant des assiettes trouvées dans des friperie ou dans la rue, Pérez del Solar crée une imagerie étrange, colorée, floue et viscérale qui évoque des organes, des réseaux organiques ou même un autel mural. L’ensemble se trouve en tension entre la révérence, l'irrévérence et la critique des systèmes modernes de consommation et de soutenance, ainsi que vers les émotions latentes autour de la table. 



Sacha Pérez del Solar, artiste multidisciplinaire canadien d’origine péruvienne de deuxième génération, poursuit actuellement des études en arts à l’Université Concordia. Avec une formation en arts numériques, il explore de manière créative le concept de systèmes, où les éléments sont adaptés et réutilisés, se transformant en forme et en signification. À travers son travail, Pérez del Solar vous invite à réfléchir au réseau complexe de connexions qui nous relient tous.

With this series of paintings, drawings and interventions on found-objects, Sacha Pérez del Solar creates fantastical and dreamlike visual narratives that play with notions of identity, consumption and commodification. Reminiscent of the kind of wall decor you might find in a home, this constellation of characters – ready to eat, starving, distressed, or ecstatic – invites a reflection on the human condition and one of the fundamental human rights: to eat.

Using plates found in thrift stores or on the street, Pérez del Solar creates a strange, colourful, blurred, and visceral imagery that evokes organs, organic networks, or even a wall altar. The whole is held in tension between reverence, irreverence, and critique of modern systems of consumption and sustenance, as well as the latent emotions that gather around the table.



Sacha Pérez del Solar, a second-generation Peruvian-Canadian multidisciplinary artist, is currently pursuing a Studio Arts degree at Concordia University. With a background in Computation Arts, he creatively explores the concept of systems, where elements are adapted and repurposed, transforming in shape and meaning. Through his work, Pérez del Solar invites you to ponder the intricate web of connections that link us all 



Miao

Photos | fotos: Mike Patten
Dans ses explorations matérielles, culinaires et performatives, Miao se penche sur les liens entre les sens, la mémoire, les gestes quotidiens et la nourriture en créant des évocations sensorielles et en cuisinant des recettes ancestrales. Sa pratique nous invite à ralentir, à savourer le moment présent et à incarner les cycles de la nature. Ayant vécu dans plusieurs régions de l’Asie orientale, Miao trouve inspiration dans les moments de connexion entre différentes cultures et les savoirs ancestraux qui informent notre présent.

Portée par des observations minutieuses sur les détails,  d’un humour subtil et parfois d’un jeu espiègle, la pratique de Miao est une tentative incessante de questionner et de discuter de l’objecterialité du quotidien. L’objecterialité est un mot mixte inventé (de manière ludique) à partir des mots « objet » et « matérialité », dans l'intention d'illustrer la corrélation entre l'objet (concret ou abstrait) et sa matérialité (invisible ou visible, tangible ou intangible). Le mot navigue dans sa recherche d’affinités matérielles qui sont mises en évidence par l’utilisation et/ou l’histoire de l’objet, et ses capacités à évoquer la sensibilité, à forger des liens personnels et interpersonnels.

Dans la vidéo Badabada, des participant·e·s ont été invité·e·s à goûter un dessert préparé à partir d’une recette familiale traditionnelle pour le nouvel an. Le titre vient d’une expression que la grande-mère de Miao utilisait quand une personne « mange de façon très délicieuse ». En honorant et partageant les legs immatériels et la joie de la nourriture, cette expérience immersive audiovisuelle nous invite à réfléchir sur nos liens avec nos ancêtres à travers de la nourriture.

L’installation multimédia BE豆NS ( still life ) offre un espace de réflexion et d’hommage aux haricots qui poussent dans le jardin familial de l’artiste, aux natures mortes dans l’histoire de l’art et aux rideaux japonais « noren » (des tissus accrochés devant un établissement qui offre de l’hospitalité). Notamment considérés comme moindres dans leur rangs—les haricots (豆 en chinois) en tant qu'aliment associé à la classe populaire et la nature morte comme la moins valorisée parmi les genres de peinture—ces deux éléments prennent ici le rôle central pour évoquer les mémoires et les influences de l’artiste et pour révéler ce qui se cache derrière la première impression. Le public est invité à passer derrière les rideaux, à manger des haricots et à se regarder dans le miroir pour une expérience intime, mais universelle: mastiquer. 

In her material, culinary, and performative explorations, Miao examines the relations between the senses, memory, everyday gestures, and food by creating sensory evocations and cooking ancestral recipes. Her practice invites us to slow down, savor the present moment, and embody the cycles of nature. Having lived in various regions of East Asia, Miao finds inspiration in moments of connection between different cultures and the ancestral knowledge that informs our present.

Wrapped up in close observations on the specifics, subtle humour, and sometimes mischievous play, Miao’s practice is an ongoing attempt to question and discuss the objecteriality of the everyday. Objecteriality is a blend word coined (playfully) from the words object and materiality, with the intention to illustrate the correlation between the object (concrete or abstract) and its materiality (invisible or visible, tangible or intangible). The word navigates my search for material affinities that are brought out by the use and/or history of the object, and its abilities in evoking sensibility, forging personal and interpersonal connections.

In the video Badabada, participants were invited to taste a dessert prepared from a traditional family recipe for the Lunar New Year. The title comes from an expression Miao’s grandmother would use when someone was “eating very deliciously.” By honoring and sharing intangible legacies and the joy of food, this immersive audiovisual experience invites us to reflect on our connections to our ancestors through food.

The multimedia installation BE豆NS (still life) offers a space for reflection and homage to the beans grown in the artist’s family garden, to still life in art history, and to the Japanese noren curtains (fabric panels hanging in front of establishments that offer hospitality). Often seen as lower in status—beans (豆 in Chinese) being a food associated with working-class households, and still life being the least prestigious of painting genres—these elements here take to evoke Miao’s memories and influences and to reveal what lies behind first impressions. The public is invited to pass behind the curtains, eat beans, and look at themselves in a mirror for an intimate yet universal experience: chewing.


Sam Lee


Photos | fotos: Mike Patten
Dans sa série photographique documentaire We were promised prosperity... instead we got SPAM [On nous avait promis la prospérité... à la place, nous avons eu du SPAM] Sam Lee crée un portrait candide des épiceries asiatiques, notablement à Montréal et Toronto. Avec cette série, il explore l'intersection entre les biens de consommation, les diasporas et certaines structures socio-politiques coloniales.

« Les Américains nous ont donné du SPAM, leur fromage, leurs armes et leurs tactiques. Nous avons fabriqué des budae jjigae et traversé des océans, les bras tendus vers les promesses de prospérité qui nous faisaient signe. Des générations plus tard, dans l'allée huit du Lucky Dragon Market, ou du H-Mart, ou de l'épicerie Kim Phat, nous regardons les rangées bien ordonnées de produits de subsistance colorés et nous ruminons le voyage qu'une simple boîte de viande séparée mécaniquement a fait à travers l'histoire et les fortunes passées. » – SL



Sam Lee est un photographe coréen-canadien qui cherche principalement à prendre des photos dans des lieux qui sont profondément imprégnés par la mémoire collective et la nostalgie. Par son travail, il tente d'attirer l'attention sur le mince vernis de surréalisme qui a été soigneusement appliqué sur toutes les surfaces du familier et du quotidien. Il est actuellement basé à Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal.

In his documentary photography series We were promised prosperity... instead we got SPAM, Sam Lee creates a candid portrait of Asian grocery stores, notably in Montréal and Toronto. Through this series, he explores the intersection of consumer goods, diasporas, and certain colonial socio-political structures.

“The Americans gave us SPAM and their cheese and weapons and tactics. We made budae jjigae and crossed oceans, arms stretched out towards the promises of prosperity that beckoned and winked. Generations later, in aisle eight of Lucky Dragon market, or H-Mart, or Kim Phat grocery, we gaze at neat rows of colourful sustenance and ruminate on the journey that a single tin of mechanically separated meat made through history and past fortunes.”



Sam Lee is a Korean-Canadian photographer who primarily looks for pictures in places that are flooded at least knee deep in collective memory and nostalgia. Through this work, he attempts to draw attention to the thin veneer of surrealism that has been carefully applied over all surfaces of the familiar and everyday. Currently, he is based in Tiohtiá:ke/Mooniyang/Montréal.



Snack Witch Joni Cheung

jonicheung.com

Photos | fotos: Mike Patten
À travers une exploration interdisciplinaire, Snack Witch Joni Cheung remet en question les notions traditionnelles de foyer et d’appartenance. En célébrant et en valorisant les savoirs-faire qui régissent l’alimentation, la langue et les traditions, Cheung offre des perspectives nuancées sur la révérence culturelle et l’hospitalité, envisagées à la fois comme une source de réconfort et un espace de résistance. 

S’inspirant de l'espace communautaire cultivé dans les restaurants de 點心 dim sum et des rituels de formulation de vœux, Before We Go [Avant de nous en aller] est un espace destiné à accueillir des conversations et à envoyer de l'espoir dans l'univers en période d'incertitude. Parmi les objets familiers, l’on retrouve un plateau tournant rose translucide dans lequel sont enchâssés des biscuits aux amandes provenant de la Pâtisserie Chow, un incontournable du quartier chinois de Montréal qui a définitivement fermé ses portes en 2020. Des biscuits et du thé sont posés sur la table en guise d’offrandes aux ancêtres de Cheung pour la durée de l’exposition. Encouragé.e.s par un poème écrit sur une photographie d’une facture du Ruby Rouge, les visiteur.euse.s sont invité.e.s à partager leurs désirs et leurs souhaits sur les serviettes et les stylos mis à leur disposition. Les traces collectées - taches de thé, miettes de biscuits et notes précieuses - témoignent des moments partagés et des espaces aimés dans lesquels nous nous réunissons avec nos proches.

Soba's Corner [Le coin de Soba] est une installation vidéo qui examine des plats sino-canadiens distincts provenant de provinces spécifiques. Publiée sur YouTube et déguisée en émission culinaire typique, une autre conversation et un autre récit se cachent dans les sous-titres en anglais canadien et la « recette » liée à la boîte de description. La nourriture, comme l’art, n'est pas neutre. En considérant les cuisines comme des fenêtres pour étudier les perceptions de la tradition et de l’authenticité, Cheung attire les spectateurs avec de l’humour et du familier afin de les confronter aux histoires inconfortables ancrées dans le quotidien.



🔮 Snack Witch Joni Cheung 🍡 est une invitée reconnaissante, née - et sait qu’elle veut y mourir - sur les territoires non cédés des peuples xʷməθkwəy̓əm, Skwxwú7mesh, Stó:lō et Səl̓ílwətaʔ/Selilwitulh. Iel est une sorcière certifiée en sculpture avec une maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia (2023). En tant que méchante #magicalgirl ✨ qui mange de l’art et fait des collations, elle a exposé à travers l’île de la Tortue et au-delà. Actuellement, iel est basé.e sur les terres volées des peuples Kanien'kehá:ka et Mi'kmaq, travaillant dans des conditions précaires en tant que professeur.e à temps partiel à l’Université Concordia et à l’Université NSCAD. Sa pratique est soutenue par divers organismes de financement, dont le BCAC et le CCA.

Through an interdisciplinary exploration, Snack Witch Joni Cheung challenges traditional notions of home and belonging. By honoring and elevating the know-hows that govern food, language and tradition, Cheung offers nuanced perspectives on cultural reverence and hospitality as both a source of comfort and a site of resistance.

Reflecting on the communal space fostered at 點心 dim sum restaurants and rituals of wish-making, Before We Go is a space to host conversations and dispatch hope into the universe during times of uncertainty. Among familiar objects is a translucent pink lazy susan with almond cookies embedded within—sourced from Pâtisserie Chow, a Montréal Chinatown staple that permanently closed in 2020. Cookies and tea sit on the table as offerings to Cheung’s ancestors for the duration of the exhibition. Among scattered porcelain biscuit shells, they invite visitors to check-in, gossip or take a moment for themselves. Encouraged by a poem written on a photograph of a bill from Ruby Rouge, guests are invited to share desires and wishes on the napkins and pens provided. Collected trace remnants—tea stains, cookie crumbs, and cherished notes—linger as testaments to the shared moments and beloved spaces we gather in with our loved ones.


Soba’s Corner is a video installation that unpacks distinct Chinese-Canadian dishes from specific provinces. Posted on YouTube and disguised as a typical how-to cooking show, another conversation and narrative are hidden in the Canadian English closed captions and the “recipe” linked in the description box. Food, like art, is not neutral. Looking at cuisines as windows through which to study perceptions of tradition and authenticity, Cheung draws viewers in with humour and the familiar, to confront the uncomfortable histories embedded in the everyday.



🔮 Snack Witch Joni Cheung 🍡 is a grateful, uninvited guest born—and knows she wants to die—on the unceded territories of the xʷməθkwəy̓əm, Skwxwú7mesh, Stó:lō, and Səl̓ílwətaʔ/Selilwitulh peoples. They are a Certified Sculpture Witch with an MFA from Concordia University (2023). As a wicked #magicalgirl ✨ who eats art and makes snacks, she has exhibited across Turtle Island and beyond. Currently, they're based on the stolen lands of the Kanien’kehá:ka and Mi’kmaq peoples, working under precarious conditions as a sessional professor at Concordia University and NSCAD University. Their practice is supported by various funding bodies, including the BCAC and CCA. 


Armando Cuspinera

Photos | fotos: Mike Patten
Avec ses séries en céramique, Armando Cuspinera conçoit des objets d’art qui se trouvent à l'intersection du quotidien et du fantastique. À la fois réceptacles pour des offrandes (nourritures ou boissons) et objets sculpturaux, les œuvres pensées pour cette exposition abordent les thèmes de l’hospitalité, du partage et du design. Cuspinera adopte une perspective écocentrique dans sa pratique et envisage le design comme l’ensemble des conceptions manufacturées répondant à notre rythme moderne, mais aussi comme les créations non humaines et les systèmes présents dans la nature, révélant ainsi l’immense réseau de connexions qui nous entourent

Produites avec de la cendre volcanique provenant du volcan Popocatepetl au Mexique et de l’argile locale de Montréal, ces pièces portent une signification matérielle et nostalgique qui témoigne des expériences de déracinement et d’immigration que l’artiste a vécues au cours des dernières années. Souvent, elles sont des tentatives pour s’enraciner dans un nouveau contexte, assimiler une nouvelle culture et honorer des savoirs-faire ancestraux artisanaux et folkloriques.  Les tasses, bols et verres à shooter ainsi que les porcelaines de peaux de clémentine sont uniques dans leur individualité mais, en même temps, révèlent des expériences communes et universelles comme éplucher un fruit, partager un verre et socialiser autour de la table. 



Armando Cuspinera est un artiste multidisciplinaire originaire de Veracruz au Mexique. Il réside actuellement à Montréal où il a obtenu une maîtrise en sculpture et céramique à l’Université Concordia. Il détient un diplôme en design industriel de l’Universidad Nacional Autónoma de México ainsi qu’une licence en arts plastiques de l’Universidad De Las Américas. 

With his ceramic series, Armando Cuspinera creates art objects that lie at the intersection of the everyday and the fantastical. Both receptacles for offerings (food or drink) and sculptural objects, the works intended for this exhibition address the themes of hospitality, sharing, and design. Cuspinera adopts an ecocentric perspective in his practice and views design as the sum of manufactured concepts that respond to our modern pace of life, but also as non-human creations and systems present in nature, thus revealing the immense network of connections that surround us.

Produced with volcanic ash from Mexico's Popocatepetl volcano and local Montreal clay, these pieces carry a material and nostalgic significance that reflects the artist's experiences of uprooting and immigration in recent years. They are often attempts to put down roots in a new context, assimilate a new culture, and honor ancestral craftsmanship and folklore.  The cups, bowls, shot glasses, and clementine peel porcelain pieces are unique in their individuality but, at the same time, reveal common and universal experiences such as peeling fruit, sharing a drink, and socializing around the table. 



Armando Cuspinera is a multidisciplinary artist originally from Veracruz, Mexico. He currently resides in Montreal, where he earned a master's degree in sculpture and ceramics from Concordia University. He holds a degree in industrial design from the National Autonomous University of Mexico and a bachelor's degree in fine arts from the University of the Americas. 



Texte d'exposition:


Cette exposition présente des œuvres de Madison Strizic, Isabela Markus Nafarrate, Sacha Pérez del Solar, Miao, Sam Lee, Snack Witch Joni Cheung et Armando Cuspinera à la manière d'un foyer imaginé. Ici, les ingrédients de plats nostalgiques et issus de la diaspora sont aussi des matériaux de création. La table est dressée en usant des pratiques de soin et d'hospitalité, qui deviennent des gestes critiques de résistance. Et les tensions entourant le pouvoir émotionnel et politique de la nourriture sont au menu. En interrogeant les effets de l'immigration, de la mondialisation et de l'industrie alimentaire, les œuvres pensées pour cette recette posent la question: comment ces produits de consommation, devenus des marqueurs culturels, nourrissent-ils ou exploitent-ils la nostalgie? 

Pour nourrir la nostalgie, apaiser un cœur (et un ventre) en diaspora, ou raviver une mémoire affamée, veuillez suivre les indications suivantes, sans ordre particulier :  

Invitez ce qui vous reconnecte avec ce que vous pensiez perdu, lointain. Toutce qui vous transporte dans des souvenirs d'enfance (ou d'adulte), même si familier et personnel, révèle des liens plutôt profonds nourris par le collectif. Vous trouverez ces invités dans les épiceries, les tutoriels youtube, la salle à manger, la cuisine, les albums photo, les offrandes du jardin familial et même dans une galerie. Pour les artistes, ce sont des haricots, des avocats, du SPAM, du thé pour les ancêtres, du challah, des clémentines, du bifteck sur une planche de bois.  

Jouez le jeuque les artistes vous proposent. Par les sens et l'offrande, iels vous invitent à participer, à contribuer et à (vous) nourrir des œuvres ici présentes. Mangez les haricots de Miao et les bonbons offerts par Joni, partagez une tasse de thé sur la table de Madison, épluchez une clémentine proposée par Armando. Plongez-vous dans une visite de supermarchés asiatiques avec Sam, une hallucination affamée de Sacha, une exploration identitaire d'Isabela. 

Cultivez une posture critique vis-à-vis la nourriture, même celle qui nourrit votre cœur. Pensez aux aliments importés et à la façon dont ils incarnent une nostalgie déplacée : celle d'un « chez-soi » perdu, idéalisé ou recomposé ici au Canada. Cela crée une tension lorsque nous considérons les conséquences de l'exploitation agroalimentaire, l'exportation et le trafic des biens, la manipulation artificielle et nocive des aliments et ainsi de suite. Mélangez ces ingrédients avec intention et laissez mariner.

Partagez l'abondance. Considérez l'hospitalité comme un moyen de résister à l'effacement culturel et de cultiver des formes de communauté intentionnelle. La générosité qui entoure une table à manger, ou bien une recette partagée, se transmet de génération en génération, de potluck en potluck, à travers les cultures et les savoirs ancestraux. Accompagnez votre nostalgie d'une confiture aux clémentines, si désiré. 

Exhibition text:


This exhibition presents works by Madison Strizic, Isabela Markus Nafarrate, Sacha Pérez del Solar, Miao, Sam Lee, Snack Witch Joni Cheung and Armando Cuspinera as an imagined home. Here, the ingredients of nostalgic and diasporic dishes are also materials for artwork. The table is set using practices of care and hospitality that become critical gestures of resistance. And tensions over the emotional and political power of food are on the menu. By questioning the effects of immigration, globalization and the food industry, the works intended for this recipe pose the question: how do these consumer goods, which have become cultural markers, nourish or exploit nostalgia?

To nourish nostalgia, soothe a heart (and belly) in diaspora, revive a craving memory, please follow these directions, in no particular order:

Invite what reconnects you with what you thought was lost, far away. Whatever transports you to memories of childhood (or adulthood), however familiar and personal, reveals rather deep ties nurtured by the collective. You'll find these guests in grocery stores, youtube tutorials, the dining room, the kitchen, photo albums, offerings from the familiar garden and even in a gallery. For the artists, it's beans, avocados, SPAM, tea for the ancestors, challah, clementines, steak on a wood plank.

Play the game the artists propose. Through the senses and offerings, they invite you to participate, contribute and feed (from) the works present here. Eat Miao's beans and Joni's sweets, share a cup of tea on Madison's table, and peel a clementine offered by Armando. Embark on visits to Asian supermarkets by Sam, a hangry hallucination by Sacha, an exploration of identity by Isabela.

Cultivate a critical stance toward food, even food that feeds your heart. Think about imported foods and how they embody a misplaced nostalgia: that of a "home" lost, idealized or recomposed here in Canada. This creates a tension when we consider the consequences of agricultural exploitation, the export and trafficking of goods, the artificial and harmful manipulation of food, and so on. Mix these ingredients with intention and let them marinate.

Share abundance. Consider hospitality as a means of resisting cultural erasure and cultivating forms of intentional community. The generosity that surrounds a dining table, or a shared recipe, is passed from generation to generation, from potluck to potluck across cultures and ancestral knowledge. Accompany your nostalgia with a clementine jam, if you wish.
mandarinaesc@gmail.com María Andreína Escalona De Abreu @lulu_escalona